Les énergies renouvelables vont bientôt éclipser gaz et nucléaire selon un rapport de l’AIE paru le 26 juin 2013

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Article en anglais sur le site du National Geographic. 

Jean-Baptiste Brochier / iSustainabledev‘s insight:

Alors que Barack Obama a dévoilé le 25 juin un plan de lutte contre le changement climatique, la très sérieuse institution (*) de l’Agence Internationale de l’Energie publie son dernier rapport.

 

En mettant en perspective deux faits majeurs qu’il relève nous pouvons comprendre combien l’actuel Débat National sur la Transition Energétique (DNTE) est crucial :

1. en 2016 la quantité d’énergie produite par les énergies renouvelables va dépasser celle produite grâce au gaz et au nucléaire 

2. les subventions pour les combustibles fossiles au niveau mondial restent six fois plus importantes que celles allouées aux énergies renouvelables

 

En France, Le DNTE va donner lieu à une proposition de loi de programmation énergétique pour Octobre 2013. Elle aura des conséquences très importantes sur la société et notamment sur le plan industriel, secteur que nous avons récemment redécouvert comme une clef pour la santé économique, l’indépendance et la stabilité d’un Etat développé.

 

Quelles pourraient donc être les conséquences de cette loi sur le secteur industriel français et sur l’emploi ? Il faut d’abord rappeler que les entreprises se développent naturellement sur le terreau d’où elles sont issues, le marché national, avant de partir à l’étranger pour y devenir de grands groupes souvent appelés par l’Etat « fleurons de l’industrie française ».

 

C’est ainsi que ce sont construites des entreprises majeures comme Danone, Bouygues, Total, Areva, EDF, Peugeot, Renault, etc. Seulement nous avons oublié que la contribution à la balance « emplois » de ces « champions » était, au mieux, neutre ces dernières années. Ce sont bien davantage les PME et les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) qui créent aujourd’hui des emplois – c’est pourquoi le modèle allemand est si souvent mis en valeur.

 

Ce débat nous donne justement l’occasion de rebattre les cartes et de redonner une chance à l’agilité des entreprises et à l’innovation dans un monde devenu très complexe : si la transition énergétique à la française concoure à orienter les infrastructures énergétiques vers un mix d’avenir, anticipant même sur ce qu’il sera dans les autres marchés, nos PME et ETI auront de brillantes perspectives à l’international. Elles pourront exporter, et le cas échant leurs innovations pourront nourrir « la chaîne alimentaire » française qui consiste souvent en l’acquisition de plus petites entreprises par les plus grandes.

 

Au contraire, si ce débat reste stérile et crispe les positions sans permettre de décider collectivement de se positionner à l’avant-garde, nous aurions le plus grand souci à nous faire. A moyen terme c’est tout la chaîne de l’innovation française qui sera crispée et végétative. 

 

Ce qui s’est passé ces dernières années sur le segment des énergies renouvelables devrait nous tenir en alerte : si Areva est bien positionné aujourd’hui sur l’éolien offshore c’est parce qu’elle a acheté la société et la technologie allemande Multibrid. Si Total est devenu un des plus grands acteurs du solaire avec une technologie unique qui présent les meilleurs rendements au niveau mondial, c’est parce qu’il a acheté SunPower, entreprise californienne, etc.

 

Cette tension aujourd’hui se fait jour même au sein des grands groupes français : entre une certaine résistance au changement et toutes les personnes qui veulent avancer résolument vers l’avenir.

 

Il faudrait aider à ce que ces stratèges visionnaires puissent dévier les Titanics de leur trajectoire : il est possible d’éviter l’iceberg qui menace invariablement les navires que l’on croit trop insubmersibles, mais il faut agir tôt et d’une main qui ne tremble pas.

 

C’est pourquoi il semble aujourd’hui essentiel que nous fassions preuve dans ce débat de davantage (i) d’empathie, (ii) d’humilité) et par dessus tout  (iii) d’une vision de long terme qui tienne compte avec une justesse mesurée que chaque décision induit des dynamiques différentes au sein d’écosystèmes (industriels, sociaux, économiques) dont nous faisons partie et où nous sommes interdépendants. 

 

A bon entendeur…

 

Jean-Baptiste Brochier, animateur de transition @ iSustainabledev

 

* basée à Paris, cette agence est aussi réputée pour être assez conservatrice dans son évaluation du potentiel et du développement des énergies renouvelables : le ton de cette publication en est d’autant plus remarquable. 

 

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